Chiens errants : le Sénat autorise l'abattage en dernier recours dans les Outre-mer, tollé à Mayotte

Un amendement voté au Sénat permettrait au préfet d'autoriser, en dernier recours, la destruction de chiens errants dans les Outre-mer. À Mayotte, où un arrêté similaire avait été annulé en justice en 2023, les associations de protection animale dénoncent une fausse solution.

Chiens errants : le Sénat autorise l'abattage en dernier recours dans les Outre-mer, tollé à Mayotte

Un amendement voté en pleine recrudescence des attaques

Le Sénat a adopté, dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole, un amendement qui donne de nouveaux moyens aux préfets face aux chiens errants, rapportent Le Journal de Mayotte et Free Dom. Le texte, porté par des sénateurs du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, répond à la multiplication des attaques contre des habitants et des animaux d'élevage dans plusieurs départements et régions d'Outre-mer, Mayotte comprise.

Ce que prévoit le texte

Les lieutenants de louveterie pourront être mobilisés par le préfet pour prévenir et limiter les attaques de chiens divagants. Si, après des opérations de capture, les attaques se poursuivent dans une commune, le préfet pourra autoriser, par arrêté motivé, la destruction des chiens concernés. La mesure reste encadrée : deux mois maximum, limitée à la commune touchée et aux communes voisines, utilisable uniquement en dernier recours et après information de la population au moins trois jours à l'avance. Le texte doit encore passer devant une commission mixte paritaire avant d'entrer en vigueur.

Un sujet déjà brûlant à Mayotte

La question n'est pas nouvelle sur le territoire. Un arrêté préfectoral autorisant à tuer par arme à feu les chiens errants avait été annulé en 2023 par le tribunal administratif, faute de base légale. Sur le terrain, des meutes circulent régulièrement près des écoles, sur les plages ou dans les cours d'habitation, et des attaques contre des habitants ou du bétail ont déjà été signalées.

Les associations montent au créneau

Sandrine Klein Allouard, présidente de l'association mahoraise L'Arche d'Hélios, s'oppose fermement à toute campagne d'abattage massif et plaide pour prioriser la stérilisation et la création de structures d'accueil. Même position du côté de l'association Stéphane Lamart, qui rappelle que l'euthanasie n'a jamais réglé durablement le problème de l'errance dans les territoires où elle a déjà été pratiquée.

Ce qui change pour vous

Rien pour l'instant : la mesure n'est pas encore en vigueur et doit encore franchir plusieurs étapes parlementaires. Mais si elle est confirmée, le préfet de Mayotte disposerait d'un nouvel outil légal, strictement encadré, pour agir en dernier recours contre les meutes les plus dangereuses.

En résumé

Le Sénat a voté un amendement permettant, sous conditions strictes, la destruction de chiens errants dans les Outre-mer en dernier recours. À Mayotte, où un précédent arrêté avait été cassé en justice en 2023, les associations de protection animale demandent que la priorité reste à la stérilisation et à l'accueil plutôt qu'à l'abattage.

Sources

Petites annonces à Mayotte · L'actu de Mayotte