Constructions à Mamoudzou : la mairie renforce les contrôles
Face aux constructions en béton montées sans permis ni contrôle, la mairie de Mamoudzou annonce des contrôles renforcés. Ce qui change pour ceux qui veulent bâtir, rénover ou agrandir, et les aides gratuites pour construire plus solide.

L'essentiel
Face à la multiplication des constructions en béton, parfois montées sans autorisation ni contrôle technique, la mairie de Mamoudzou veut reprendre la main. Elle annonce des contrôles renforcés et souhaite créer, avec la CADEMA, une police intercommunale de l'urbanisme.
Pourquoi c'est important
Mayotte est une terre où le sol bouge : depuis 2018, l'île enregistre régulièrement des secousses liées au volcan sous-marin Fani Maoré. À cela s'ajoute le risque cyclonique, rappelé par le passage de Chido en décembre 2024. Or le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) alerte depuis des mois sur la fragilité d'une partie du bâti. Ses diagnostics ont révélé des fissures, des infiltrations, des défauts de conception et de nombreuses maisons construites sans étude préalable. Un bâtiment mal conçu résiste mal à un séisme ou à un cyclone.
Ce que dit la règle
À Mamoudzou, toute construction, y compris une rénovation ou même une clôture, doit faire l'objet d'une autorisation écrite de la mairie ou de la CADEMA. Un arrêté municipal encadre déjà les aménagements réalisés sans accord, avec une vigilance accrue dans certains secteurs comme le boulevard Younoussa Bamana et Kawéni. L'objectif affiché n'est pas de sanctionner pour sanctionner, mais d'éviter que des bâtiments dangereux sortent de terre.
Ce que ça change pour vous
Avant de bâtir, d'agrandir ou de rénover, le réflexe à prendre est de se rapprocher de la mairie ou de la CADEMA pour obtenir l'autorisation, et de prévoir une construction adaptée aux risques (séisme, cyclone, glissement de terrain). Pour aider les habitants, le CAUE met à disposition deux outils gratuits : le guide HODI, une série de fiches techniques pour bâtir plus sûr, et un Manuel de réparation des maisons mahoraises maçonnées, tiré à 10 000 exemplaires et distribué en quincaillerie et dans les CCAS, en français et en shimaoré. Les deux sont accessibles via le CAUE de Mayotte.
En résumé
La ville veut moins de constructions à risque et plus de bâti solide. Pour les habitants, une habitude simple à adopter : demander l'autorisation avant de construire, et s'appuyer sur les guides gratuits du CAUE pour éviter les erreurs les plus fréquentes.