Entreprises à Mayotte : l'État veut agir avant que les difficultés deviennent critiques
Une charte de confiance a été présentée le 9 septembre au siège de l'IEDOM à Mamoudzou. L'idée : aller vers les entreprises dès les premiers signaux de fragilité, au lieu d'attendre l'urgence.

À Mayotte, beaucoup de petites entreprises tiennent encore difficilement depuis le cyclone Chido. L'État et les acteurs économiques annoncent un changement de méthode : aller vers les entreprises dès les premiers signes de fragilité, au lieu d'attendre qu'elles appellent au secours.
Une réunion au siège de l'IEDOM
Mercredi 9 septembre, les principaux acteurs économiques du territoire se sont réunis au siège de l'IEDOM, à Mamoudzou. Objectif : présenter la déclinaison locale de la charte de confiance pour l'anticipation, l'accompagnement et la prévention des difficultés des entreprises.
Étaient présents le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, la direction de l'IEDOM à Mayotte, la direction régionale des finances publiques, la DEETS (services du travail et de l'emploi), la chambre de commerce et d'industrie, la chambre de métiers et de l'artisanat, des banques, des experts-comptables et des organisations patronales.
Ce que prévoit cette charte
Elle a été lancée au niveau national le 10 février 2026 par le ministère de l'Économie, avec une quarantaine de signataires, dont la Banque de France, CCI France, la CPME et le MEDEF (détail sur le site de la Direction générale des entreprises). Elle repose sur deux idées simples : outiller le chef d'entreprise dès la création, et intervenir dès les premiers signaux de fragilité, comme une trésorerie qui se tend ou des cotisations qui ne sont plus réglées.
Le constat posé lors de la réunion est clair : chaque acteur travaille un peu de son côté, ce qui fait perdre du temps. Les dispositifs existent déjà, notamment le CODEFI, les conseillers de la DEETS, la CCI, la CMA, les banques et les experts-comptables, mais ils restent mal connus et sont souvent mobilisés trop tard.
La question du renouvellement des titres de séjour des travailleurs étrangers en situation régulière a aussi été soulevée, les délais pesant sur l'activité de certaines entreprises.
Ce que ça change pour vous
Si vous dirigez une petite entreprise à Mayotte, le message est de ne pas attendre. Un retard de charges, une trésorerie tendue ou un impayé qui traîne se traitent mieux tôt que tard. Le premier réflexe reste d'en parler à son expert-comptable, à sa banque, à la CCI ou à la CMA, qui peuvent orienter vers les dispositifs publics. Un congrès des entreprises est par ailleurs envisagé pour réunir acteurs économiques et services de l'État.
En résumé
Pas de nouvelle aide financière ni de guichet unique à ce stade. Ce qui est annoncé, c'est une méthode : mieux coordonner ceux qui accompagnent déjà les entreprises, et aller les chercher plus tôt.