Pêche à Mayotte : des dizaines de bateaux toujours à quai, les pêcheurs évoquent une mobilisation
Privés d'autorisation depuis novembre 2025, de nombreux marins-pêcheurs mahorais ne sortent plus en mer. Le poisson local se fait rare sur les étals et la profession n'exclut plus une manifestation de grande ampleur.

Sur le port du Four-à-Chaux, à Petite-Terre, les barques sont alignées et les moteurs se taisent. Une grande partie des marins-pêcheurs mahorais ne prend plus la mer, et cela se voit sur les étals : le poisson local manque, alors que Mayotte est entourée de l'une des plus vastes zones de pêche françaises.
Pourquoi les bateaux restent à quai
Les pêcheurs utilisent en majorité des barques à moteur qui ne répondent pas aux normes européennes applicables à la pêche professionnelle. Une dérogation préfectorale leur permettait malgré tout de rejoindre le banc de la Zélée, une zone très poissonneuse située à environ 110 kilomètres au nord-est de l'île. Cette dérogation n'a pas été renouvelée : depuis novembre 2025, selon l'AFP, une part importante de la flotte ne navigue plus.
En avril, l'agence comptait une trentaine de bateaux immobilisés au Four-à-Chaux. Mayotte Hebdo en dénombre une cinquantaine ce mois-ci. Les professionnels citent aussi des contrôles renforcés et une limitation du carburant embarqué à deux jerricans par sortie.
Ce que demandent les pêcheurs
Les représentants du secteur réclament un moratoire, le retour de l'accès au banc de la Zélée et un vrai accompagnement financier pour changer de bateau. Un navire conforme coûte autour de 300 000 euros, une somme hors de portée sans aide massive. Faute de réponse, plusieurs d'entre eux évoquent désormais une manifestation de grande ampleur, qui pourrait aller jusqu'à bloquer l'île. À ce stade, aucune date n'est annoncée et aucune réaction officielle n'a été rendue publique. Sollicitée par l'AFP en avril, la préfecture n'avait pas répondu.
Ce que ça change pour vous
Moins de bateaux en mer, c'est moins de poisson frais et des prix qui grimpent, dans un territoire où plus de la moitié des produits de la mer consommés sont déjà importés. Une aide publique existe pour renouveler la flotte, jusqu'à 60 % du prix d'un navire neuf de 10 à 12 mètres, avec des dossiers à déposer avant le 14 septembre : voir notre article sur ce dispositif. Elle ne concerne toutefois pas les embarcations aujourd'hui bloquées.
En résumé
Une flotte à l'arrêt faute d'autorisation, du poisson local qui se raréfie, et une profession qui hausse le ton sans avoir encore fixé de date de mobilisation. Wassi suivra la suite, y compris une éventuelle réponse des autorités.