Santé des nourrissons à Mayotte : la mortalité infantile reste deux fois plus élevée qu'en moyenne nationale

Une étude de la Drees publiée le 7 juillet et un bilan de Santé publique France font le point sur la santé des mères et des bébés. À Mayotte, 94 nourrissons sont décédés avant leur premier anniversaire en 2024, un taux plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. L'ARS annonce une stratégie 2026-2030 pour renforcer le suivi.

Santé des nourrissons à Mayotte : la mortalité infantile reste deux fois plus élevée qu'en moyenne nationale

La santé des tout-petits est revenue au centre de l'attention cette semaine. La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a publié le 7 juillet une nouvelle étude sur la mortalité périnatale, complétée par un bilan de Santé publique France. Les chiffres confirment un écart persistant entre l'Hexagone et les Outre-mer, dont Mayotte fait partie.

Ce que disent les données nationales

En 2024, le taux de mortalité périnatale (enfants nés sans vie ou décédés dans leur première semaine de vie) s'élève à 11,2 pour 1 000 naissances au niveau national. L'écart se creuse selon le territoire : 10,8 pour 1 000 en France métropolitaine, contre 17,6 pour 1 000 dans l'ensemble des Outre-mer, soit 60 % de plus. La prématurité, l'âge de la mère et la précarité pèsent lourd dans ces différences.

La situation à Mayotte

Selon Santé publique France, relayé par Mayotte la 1ère, 94 nourrissons sont décédés avant leur premier anniversaire sur l'île en 2024. Cela représente un taux de mortalité infantile de 10,55 pour 1 000 naissances vivantes, plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Mayotte reste le département le plus fécond de France, avec près de 8 900 naissances et un taux de natalité de 27,8 pour 1 000 habitants, près de trois fois la moyenne du pays. C'est aussi l'un des territoires où la surmortalité des bébés est la plus marquée, avec la Guyane et la Guadeloupe.

Pourquoi de tels écarts

L'étude nationale rappelle des facteurs de risque connus : 84 % des décès périnataux surviennent après une naissance prématurée. Le risque est aussi plus élevé quand la mère a moins de 20 ans (18,1 pour 1 000) ou plus de 40 ans, et dans les communes les plus défavorisées. Autant de réalités très présentes à Mayotte.

Ce qui est prévu

Face à ce constat, l'Agence régionale de santé (ARS) déploie une stratégie 2026-2030. Au programme : des centres périnataux de proximité, un suivi renforcé après l'accouchement, un meilleur accompagnement des jeunes mères, davantage de prévention sur la santé sexuelle et reproductive, et des efforts pour attirer et garder les professionnels de la périnatalité sur l'île.

En résumé

Les indicateurs restent préoccupants, mais des mesures concrètes sont annoncées. Pour les familles, l'enjeu des prochaines années sera l'accès à un suivi de grossesse et à un accompagnement après la naissance plus proches et plus réguliers.

Sources

Petites annonces à Mayotte · L'actu de Mayotte