Tsingoni : ce que les fouilles révèlent de la plus ancienne mosquée de France
Le rapport de l'Inrap sur la mosquée de Tsingoni décrit cinq grandes phases de construction, des premières traces aux XIIe et XIIIe siècles au mihrab daté de 1538.

La plus ancienne mosquée de France
Elle est à Tsingoni, au cœur de Mayotte. La mosquée du village est considérée comme la plus ancienne mosquée de France encore en activité. Un chantier de fouilles conduit par l'Institut national de recherches archéologiques préventives, l'Inrap, sous maîtrise d'ouvrage de la commune de Tsingoni, vient d'en livrer le rapport. Les résultats ont été présentés et repris par les médias locaux ces derniers jours, en plein week-end des Journées européennes du patrimoine.
Cinq grandes phases
Le travail des archéologues retrace cinq grandes phases d'évolution du bâtiment. Les premières traces d'occupation du site remontent aux XIIe et XIIIe siècles, avec un édifice de pierre bâti avec des matériaux locaux, dans la tradition swahilie de la salle unique.
Le tournant se situe au XVIe siècle, quand Tsingoni devient la capitale du sultanat de Mayotte. C'est de cette période que date le mihrab, la niche qui indique la direction de La Mecque, orné d'entrelacs sculptés et portant l'année 1538. Aux XIXe et XXe siècles, après une longue période d'abandon, l'édifice est entièrement restauré.
Des pages cachées dans une niche
Parmi les découvertes, les archéologues ont retrouvé des fragments de pages du Coran, soigneusement pliés et dissimulés dans une niche condamnée. L'analyse du papier et de l'encre indique un exemplaire vraisemblablement postérieur à 1924. Les chercheurs y voient un geste de protection du lieu, une pratique connue localement.
Ce que ça change pour vous
C'est une pièce de plus dans l'histoire écrite de Mayotte, longtemps transmise surtout à l'oral. Le rapport documente l'ancienneté du peuplement de Tsingoni et éclaire les échanges qui ont circulé dans l'océan Indien occidental. Pour les familles, les enseignants et les associations du village, c'est une base solide pour raconter ce patrimoine, et un argument de plus pour sa préservation.
En résumé
Le rapport de fouilles de l'Inrap sur la mosquée de Tsingoni décrit cinq grandes phases de construction, des premières traces aux XIIe et XIIIe siècles jusqu'aux restaurations récentes, avec un mihrab daté de 1538. Le détail du chantier est consultable sur le site de l'Inrap.