Violences sur mineurs : la justice de Mayotte a réexaminé 452 dossiers
À la demande du garde des Sceaux, le parquet de Mamoudzou a passé au crible 452 procédures en seize jours pour repérer les dossiers les plus urgents. Objectif : mieux protéger les enfants, alors que la justice mahoraise réclame plus de moyens.

Ce qui s'est passé
La justice de Mayotte vient de mener une opération d'ampleur. Le parquet de Mamoudzou a réexaminé 452 procédures concernant des violences sexuelles commises sur des mineurs. Ce travail a été bouclé en seize jours, en mobilisant les sept magistrats du parquet.
Cette révision fait partie d'une opération nationale. À la demande du garde des Sceaux, les procureurs de toute la France ont repris l'ensemble des procédures en cours liées aux infractions sexuelles sur mineurs, afin d'identifier les dossiers les plus sensibles et d'accélérer leur traitement. Au total, plus de 69 000 dossiers ont été passés en revue dans le pays, avec l'appui de la police et de la gendarmerie.
Pourquoi c'est important ici
À Mayotte, le territoire concentre une partie des dossiers les plus anciens, ce qui a rendu la tâche particulièrement lourde. Le parquet affirme avoir enclenché une nouvelle dynamique pour traiter ces affaires plus vite et mieux accompagner les victimes.
La procureure générale de La Réunion-Mayotte, Fabienne Atzori, prévient toutefois que le plus dur reste à faire. La justice mahoraise manque encore de moyens humains : peu d'experts psychiatres et psychologues pour appuyer les enquêtes, des recrutements de magistrats difficiles et une forte rotation des équipes. Le procureur de la République de Mayotte, Guillaume Dupont, s'attend à une libération de la parole dans les mois qui viennent, ce qui demandera des renforts.
Ce que ça change pour vous
Le message pour les familles est clair : la parole se libère et les signalements sont pris au sérieux. Si un enfant est en danger ou victime de violences, des numéros gratuits et confidentiels existent.
- 119 (Allô Enfance en Danger) : gratuit, 7j/7 et 24h/24. L'appel n'apparaît pas sur les factures de téléphone.
- 17 : en cas d'urgence immédiate, pour joindre la police ou la gendarmerie.
Ces numéros fonctionnent partout à Mayotte.
En résumé
Le parquet de Mamoudzou a réexaminé 452 dossiers de violences sur mineurs en seize jours. La justice veut aller plus vite, mais réclame plus de moyens pour tenir dans la durée. Au moindre doute, le 119 permet de signaler un enfant en danger.
Plus de détails dans l'article de nos confrères du Journal de Mayotte.